Troupeau mouton
© Claude Gouron

Retour sur les Assises Européennes de la Montagne 2026 : quel avenir pour l'élevage de montagne ?

Du 30 juin au 2 juillet 2026, Sallanches (Haute-Savoie) a accueilli les Assises Européennes de la Montagne, organisées par Euromontana et Suaci Montagn'Alpes. Tous les deux ans, cet événement réunit plusieurs centaines d'acteurs européens de la montagne: élu.es, agriculteur.ices, chercheur.ses, institutions européennes et associations pour échanger autour des grands enjeux auxquels font face les territoires de montagne.

10 min de lecture
Savoie
Haute-Savoie
Vie associative

Écrit par le comité de rédaction

Publié le 27 juil. 2026

Cette édition 2026 était consacrée à une question centrale : comment assurer l'avenir de l'élevage extensif et du pastoralisme dans les massifs européens ? 

Dans le contexte de l'année internationale des parcours et des éleveur.ses pastoraux , les échanges ont mis en lumière les nombreux défis auxquels sont confronté.es les éleveur.ses de montagne, mais aussi les solutions portées à l'échelle locale, nationale et européenne.

© Jérome Obiols
Pastoralisme
© Jérome Obiols
© Véronique Laurillo
© Laurent Salino

Une immersion au cœur du pastoralisme alpin

Tout au long des assises, les participant.es avaient le choix entre de nombreuses visites et ateliers.

Les Assises ont débuté par une journée de terrain dans le Beaufortain, avec de notre côté, la découverte d'un alpage situé au sein du domaine skiable des Saisies. Cette visite a permis d'observer concrètement comment activités pastorales et tourisme cohabitent sur un même territoire, tout en soulignant les équilibres parfois fragiles entre usages agricoles, préservation des espaces naturels et développement économique.

La journée s'est poursuivie par la visite de la Coopérative du Val d'Arly, où les participant.es ont découvert la transformation du lait de montagne en fromages locaux, rappelant le rôle essentiel des filières agricoles dans la création de valeur sur les territoires.

Assurer l’avenir de l’élevage extensif dans les territoires de montagne : qui cultivera la terre demain ?

Lors de la deuxième journée qui s’est déroulée dans la salle Léon Curral à Sallanches, les échanges ont rapidement convergé vers une même préoccupation : le renouvellement des générations ne pourra se faire sans une amélioration des conditions de vie des éleveur.ses. Pour cela, différents ateliers ont été organisés pour discuter des défis auxquelles les futurs générations devront faire face mais aussi pour aborder les défis actuels de l’élevage en montagne.

Lors de ces atelier, plusieurs freins majeurs ont été identifiés : le coût et la disponibilité du logement, notamment pour les berger.es et leurs familles en alpage, la stagnation des revenus agricoles, les difficultés d'accès au foncier ou encore le réchauffement climatique.

Les intervenant.es ont également rappelé que l'attractivité des métiers de l'élevage ne dépend pas uniquement du revenu, mais aussi de la qualité de vie, de la reconnaissance du métier et de l'accompagnement proposé aux nouveaux.lles installé.es.

Agriculture
© Sigrid Pelisset

Former les futurs berger.es, transmettre des savoir-faire!

Un second atelier était consacré au rôle des écoles pastorales. Les discussions ont montré que ces structures dépassent largement la seule formation technique : elles participent à transmettre une culture pastorale, des savoir-faire pratiques mais aussi une connaissance fine des territoires de montagne.

Cette transmission apparaît aujourd'hui comme un levier essentiel pour accompagner les futures générations d'éleveurs face aux évolutions du climat, des pratiques agricoles et des attentes de la société.

Claude Gouron

Préserver la vitalité des zones de montagne : quelles politiques, à quels niveaux de gouvernance ?

La dernière journée des Assises était consacrée aux politiques européennes et nationales, avec plusieurs tables rondes réunissant des représentant.es de la Commission européenne, parlementaires, élu.es nationaux et organisations agricoles.

Un message est revenu avec force : les politiques agricoles doivent davantage prendre en compte les spécificités des territoires de montagne !

Les intervenant.es ont rappelé que les systèmes pastoraux rendent de nombreux services qui dépassent largement la seule production alimentaire. Ils entretiennent les paysages ouverts, contribuent à la préservation de la biodiversité, participent à la gestion des ressources en eau et maintiennent une présence humaine indispensable à la vitalité des vallées.

Plusieurs intervenant.es ont ainsi plaidé pour que ces services environnementaux soient mieux reconnus dans les futurs mécanismes de soutien de la Politique agricole commune (PAC), avec des dispositifs davantage incitatifs que punitifs et une meilleure rémunération des exploitations déjà engagées dans des pratiques vertueuses.

Les débats ont également porté sur les conséquences du changement climatique, l'accès à l'eau, la prédation, la transmission des exploitations ou encore la nécessité d'adapter les aides agricoles aux réalités des petites exploitations de montagne, qui représentent près des trois quarts des fermes de ces territoires.

Une déclaration commune pour les montagnes européennes

Ces trois journées se sont conclues par l'adoption de la Déclaration de Sallanches, qui appelle les institutions européennes et nationales à mieux reconnaître le rôle stratégique du pastoralisme et de l'élevage extensif dans les politiques publiques.

Les Assises ont également rappelé qu'au-delà de la production agricole, l'élevage de montagne participe pleinement au maintien d'une économie locale, des commerces, des paysages et d'une vie sociale dans les massifs européens.

Partager cet article via

Ça peut aussi vous intéresser !

Cet article vous a plu ?

Notre association est majoritairement financée par les citoyen.nes, ce qui nous permet de garantir l’indépendance de nos actions et de nos positions. Pour continuer de vous informer en toute liberté, faites un don !
  1. Je soutiens