Les randonneurs se sont ainsi donné rendez-vous dès 8 h au pied du vallon de Sarenne pour cheminer jusqu'à 2 900 mètres d'altitude à la recherche des derniers oripeaux de ce géant déchu. Ils ont marché en bonne compagnie : le glaciologue François Valla - en charge du suivi du glacier jusqu’en 2003 – s’étant joint au groupe. Ce dernier leur confira notamment sa surprise et son regret devant l’évolution du glacier depuis son départ à la retraite en 2003.
C’est le Professeur Philippe Schoeneich (Géographe, président de l'IGS-SAO) qui a pris la tête du groupe, distillant ses connaissances au fil de la montée à l’aide de nombreuses cartes, schémas et photographies. Pas moins de trois pauses furent nécessaires pour évoquer la longue histoire du glacier, étudié depuis 1906, et mesuré chaque année depuis 1948 ! Le calme du vallon, seulement troublé par les incursions de l’aviation légère dans l’espace aérien, s’est avéré propice aux échanges. La montée, quoique longue, s’est ainsi effectuée sans heurts, à
l’exception
de l’effroi ressenti par François au moment de découvrir les
restes de la cabane des glaciologues, démontée en 2022. Cette
cabane rustique avait été construite à 2 730 mètres, à l’époque
où le front du glacier descendait aussi bas. Elle surplombait depuis
la retenue de l’Herpie, le lac artificiel dont les promoteurs
avaient prétendu qu’il protégerait le glacier.
Arrivés
à proximité de la dernière balise d’ablation encore en place
dans le glacier relictuel, les participant.es ont observé une minute
de silence.