La commune des Angles a recours de façon massive à l’enneigement artificiel : les deux tiers du domaine skiable, soit 57,4 hectares, sont couverts. Elle dispose déjà pour ce faire de deux usines de production de neige alimentées par deux retenues d’eau, l’une d’un volume de 13 000 m3, l’autre de 45 000 m3.
Mais ce n’est pas assez.
Dans le cadre de ces opérations de réaménagement, la station veut quasiment tripler le volume de stockage d’eau en créant une troisième retenue collinaire de 113 000 m3.
Différentes procédures administratives ont conduit à l’autorisation des travaux fin 2025. Les associations locales Frêne 66, Bien vivre en Pyrénées catalanes, Charles-Flahault, Bien vivre aux Angles, ainsi que Mountain Wilderness, ont depuis engagé cinq recours administratifs et une requête en référé devant le Conseil d’État contre le permis d’aménager, sans date d'audience actuellement fixée.
Principal grief technique : l’absence d’étude d’impact environnemental. Raison de fond : la retenue est prévu en dehors de l’enveloppe du domaine skiable existant, sur une croupe surplombant une vallée superbe, dans un site magnifique riche en faune et en flore de montagne… qui va être définitivement détruit alors même que la charte du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, signée par la commune, prévoit de « Maintenir les domaines de ski alpin dans les périmètres circonscrivant les aménagements existants ».
Car le constat est là, et c’est encore la charte du parc qui le dit : « Le tourisme s’est développé autour du thermalisme et du ski, secteurs d’activités aujourd’hui confrontés à des érosions de clientèles. […] Au regard de la richesse patrimoniale du territoire, et des actions de préservations menées dans la vocation 1, le territoire fait le choix de diversifier son économie touristique, en recherchant un équilibre pérenne entre préservation et valorisation (préalable à toute action de valorisation) et en investissant des axes porteurs : le tourisme de nature et le tourisme culturel. Les Pyrénées catalanes disposent ainsi d’un fort potentiel pour s’affirmer comme « destination nature », telle que définie par la Région : proposer une offre d’activités de nature, étroitement liée aux activités culturelles et aux produits locaux/savoir-faire (art de vivre) ».
Nos associations dénoncent un cumul d’impacts très lourds sur les paysages du Capcir, la destruction de pelouses alpines, de zones humides et de tourbières d’altitude irremplaçables, sur la zone d’habitat du grand tétras, ainsi que sur une ressource en eau durablement sous tension comme l’illustrent les trois dernières années de sécheresse.… Tout un écosystème mis à mal pour faire perdurer une activité dont les années sont comptées du fait du dérèglement climatique.