La sixième édition du festival Tomorrowland Winter commencera le samedi 21 mars à 19 heures. À partir de cet instant, des milliers de festivalier·es venus du monde entier se livreront à sept jours de fête dans une Alpe d'Huez transformée pour l'occasion en temple du consumérisme. Au-delà de notre désaccord de fond avec un festival qui néglige la spécificité des espaces de montagne, nos organisations sont engagées de longue date pour dénoncer les nombreux excès de ce type de festival. En premier chef, nous critiquons le bilan carbone désastreux de ce méga évènement symbole du capitalisme fossile. Plus encore, nous luttons contre ses nuisances sonores, que nous avons mesurées, mais aussi ses nuisances lumineuses et son coût pour la collectivité. Enfin, nous regrettons que cet évènement rentable soit encore abreuvé de subventions publiques au profit d'une offre culturelle lissée dont jouit une minorité aisée.
Les espaces naturels de montagne ne peuvent pas être réduits ni à de simples terrains de jeux ni à des fonds d'écran pour fêtes huppées. Ce sont des espaces de vie pour les habitant·es et la faune locale, qui aspirent au respect de normes légales en termes de pollution sonore. Parce que le son du printemps c'est la nature qui s’éveille et le chant des oiseaux, et pas de l'EDM1 à 120 dB, nous demandons que la voix de ces habitant·es soit entendue et respectée.
Nous ne sommes pas opposés aux évènements culturels et musicaux en montagne, bien au contraire. Nous souhaitons avoir des évènements qui soient plus ancrés et au service des territoires : des évènements à taille humaine, qui prennent en compte leur impact environnemental (sur les sols, leurs émissions de gaz à effet de serre, leur pollution sonore) ainsi que leur contribution à la construction d'un imaginaire sobre et durable pour nos montagnes.