Hautes-Pyrénées
© Mikel Santamaria - CC BY-SA 2.0

Ascenseur valléen et espèces protégés : une cohabitation compliquée...

Le Skyvall, la télécabine qui relie la Vallée du Louron à Peyragudes, dans les Hautes-Pyrénées, a été mis en service le 24 août 2019. Cet ouvrage structurant pour toute la vallée du Louron a permis de redessiner une offre touristique été/hiver pour l'ensemble de la destination. La construction de cette télécabine a été autorisée par un arrêté préfectoral de 2018 permettant, à titre dérogatoire, la destruction et la perturbation intentionnelle d’individus d’espèces protégées ainsi que la destruction, l’altération ou la dégradation de leurs aires de repos ou de reproduction.

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Hautes-Pyrénées
Aménagement

Écrit par Vincent Vles, administrateur référent Aménagement

Publié le 03 mars 2026

Une télécabine contre des mesures compensatoires… non respectées

Des manquements constatés par l’Office français de la biodiversité lors d’un contrôle effectué le 7 août 2025 ont été transmis à l’exploitant le 11 août 2025. Lors de ce contrôle, les agents ont relevé plusieurs non-conformités concernant les mesures compensatoires prévues par l’arrêté de 2018.

Ces mesures compensatoires prévoyaient la mise en œuvre d’une protection conventionnelle de bocages assortie de prairies de fauche ou de pâturage pendant toute la durée d’exploitation de l’équipement et un plan de gestion à établir avant la fin de l’année 2028. Or, selon les constats effectués par l’OFB, les parcelles concernées non seulement ne présentaient pas le type de milieux ouverts requis, mais certaines étaient affectées par l’aménagement ou l’usage d’une piste de VTT.

Le préfet rappelle l'exploitant à l'ordre

Interrogé en 2025 par les services de l’État, le SIVAL (le Syndicat intercommunal de la vallée du Louron, exploitant du téléphérique) a fourni des éléments de réponse qui n’ont pas été jugés de nature à garantir une remise en conformité immédiate de la situation. Le préfet a donc considéré que ces éléments constituaient des manquements aux dispositions de son arrêté délivré au titre de la dérogation « espèces protégées »1 ; il a donc mis en demeure le maître d’ouvrage de mettre en œuvre dans un délai de six mois l’ensemble des mesures compensatoires prévues, d’intégrer ces mesures dans un plan de gestion à faire valider par direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) et d’assurer la pérennité des mesures compensatoires et de leur suivi pendant une durée de 30 ans à compter de la validation du plan de gestion. Le préfet demande également au gestionnaire de compenser la perte nette induite par la piste de VTT et ses impacts indirects, en proposant une mesure compensatoire supplémentaire intégrée au plan de gestion. Cette décision préfectorale (février 2026) s’appuie notamment sur les articles L.171-6 et suivants, L.411-1 et suivants et R.171-1 du code de l’environnement.

Le SIVAL a d’ores et déjà admis ces impacts et dit vouloir se mettre en conformité au plus vite.

  1. Telles que prévues par le 4 ° de l’article L.411-2 du code de l’environnement et en application de l’article L.171-8 du code de l’environnement

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