Cette inquiétude semble largement partagée : ce printemps, la pétition intitulée « Non au passage du Tour de France 2026 au col de Sarenne » avait rassemblé 15 831 signataires. Elle mettait en avant l’avifaune riche et fragile du site (tétras-lyre, lagopèdes, …) et se terminait par ces mots : « La nature n’est pas un stade ». Au même moment, nos associations (FNE Isère, Mountain Wilderness, Association Oblique Oisans, Gentiana) ont écrit aux acteurs directement concernés par la problématique pour leur faire part de nos griefs. Nous avons réitéré les demandes qui avaient été faites lors du premier passage du TdF par le col de Sarenne en 2013, et pour lesquelles nous avions majoritairement obtenu gain de cause : que le passage du Tour de France n’engendre pas d’élargissement ni de simplification de la route pastorale ; que la caravane publicitaire n’emprunte pas le col de Sarenne ; que la caravane publicitaire ne distribue pas de cadeaux lorsqu’elle traverse des zones Natura 2000 ; que les mesures prises en 2013 pour assurer la protection du site couvert par un APPB et ses abords (balisage sur place et fermeture de l’accès motorisé au col avant la course) soient à nouveau mises en œuvre, et étendues au tronçon entre Clavans-le-Haut et le col de Sarenne, également sensible et soumis au risque gravitaire ; que seuls les véhicules directement nécessaires à l’assistance des coureurs puissent accéder au col ; que la législation relative au survol motorisé par les hélicoptères qui suivront l’étape soit strictement respectée, et que les pilotes évitent tout survol à moins de 500 mètres des falaises. Puisqu’un jeune gypaète arpente en ce moment même les falaises à l’aplomb du Plateau d’Emparis, et puisque les hélicoptères accompagnent encore le Tour de France, il serait souhaitable que les pilotes privilégient la rive gauche de la Romanche.