© Vincent Neirinck - Mountain Wilderness

Rétrospective | T3 de La Grave : Protéger des paysages uniques, des espèces rares et un modèle de tourisme responsable

Ce texte est dédié à la mémoire de Sébastien Ibanez, enseignant-chercheur rattaché au laboratoire d’écologie alpine et guide de haute-montagne, l’un des découvreurs de l’Androsace du Dauphiné, et de Benjamin Ribeyre, guide de haute-montagne, qui a déniché l’espèce sur le rognon rocheux du glacier de la Girose, tous deux disparus en montagne en 2026 et très engagés dans la lutte contre le projet de téléphérique.

10 min de lecture
Hautes-Alpes
Écrins
Aménagement
Tourisme
Transition

Écrit par le comité de rédaction

Publié le 01 juil. 2026

La Grave, un site extraordinaire qui dispose de nombreux atouts

Si l’on en croit les différents sites internet qui évoquent le village, La Grave, se distingue par plusieurs spécificités qui en font un lieu unique et préservé :

  • Un patrimoine architectural et historique remarquable
    Village alpin qui a su conserver une architecture alpine authentique, La Grave, est parfaitement intégrée à son environnement minéral et montagneux. Ses petites ruelles séparant des maisons de pierres aux toits de tôle étagés dans la pente, son église classé monument historique, la vue fabuleuse à chaque coin de rue valent au village d’être classé parmi "Les Plus beaux villages de France". Outre le chef-lieu, la commune compte de nombreux hameaux répartis dans la pente, tous plus pittoresques les uns que les autres.
  • Un cadre naturel exceptionnel
    Perchée à 1 500 mètres d’altitude, La Grave est dominée par la face Nord de la Meije (un « presque 4000 », le Grand pic culminant à 3 983 m), un sommet emblématique des Écrins, qui lui offre un cadre à couper le souffle. Avec sa voisine Villar-d’Arène, La Grave est une porte d’entrée naturelle vers le Parc national des Écrins, avec une faune et une flore alpines uniques et préservées, ainsi que des lacs et des glaciers accessibles toute l’année de part et d’autre de la vallée.
  • Une culture montagnarde préservée
    La Grave a conservé les traces de sa vie agricole et pastorale traditionnelle, avec des hameaux d’estive et de nombreuses terrasses qui marquent fortement le paysage, des traditions ancestrales et une ambiance authentique, loin des stations touristiques surpeuplées. Le village est aussi un lieu de vie culturelle, avec des événements comme le Festival Messiaen au Pays de la Meije, et continue d’avoir une certaine activité agricole.
  • Un paradis pour les sportifs et aventuriers
    La Grave est aussi l’une des "Mecques de l’outdoor", et plus précisément la "Mecque du freeride et de l’alpinisme". En effet, les possibilités offertes par le site dans les domaines du freeride, de l’alpinisme, mais aussi de la randonnée, du VTT... attirent des passionnés du monde entier. Le téléphérique des Glaciers de la Meije permet d’accéder au col des Ruillans, à 3 200 mètres d’altitude, été comme hiver, et ouvre la porte des fameux vallons de la Meije, du glacier de la Girose, ou simplement à de magnifiques paysages à l’ombre des faces Nord de la Meije et du Râteau.

En résumé, La Grave allie authenticité, patrimoine, nature sauvage et aventure, ce qui en fait une destination unique pour les amoureux de la montagne.

Un territoire menacé par un projet d’aménagement touristique

En 2017, le projet de Schéma de cohérence du Briançonnais (SCoT) prévoit la possibilité de construire le « T3 », une UTN S (Unité touristique nouvelle structurante) visant à prolonger le téléphérique existant jusqu’au Dôme de la Lauze (3 568 m), par un troisième tronçon survolant le glacier de la Girose, pour établir la liaison avec la station voisine des Deux Alpes. Mountain Wilderness intervient  en Commission UTN du Comité de Massif des Alpes pour demander que La Grave garde sa spécificité de site « sauvage » et sommes partiellement entendus : le projet de SCoT du Briançonnais est corrigé et la version adoptée exclue alors la liaison avec les Deux Alpes et « tout aménagement du site skiable », ainsi que le projet de restaurant panoramique à l’arrivée du téléphérique, au sommet du Dôme de la Lauze.

Le projet de T3, nouvel aménagement significatif conçu pour assurer de toutes nouvelles fonctionnalités donc de fait, la liaison avec les Deux Alpes dont la dernière remontée mécanique arrive en léger contrebas du Dôme de la Lauze, reste cependant inscrit au SCoT comme UTN S, même si cette liaison est formellement interdite par le document d’urbanisme1 Il traversera le glacier de la Girose en diagonale, un nouveau parcours par rapport à celui du téléski, exigera la construction d’une nouvelle gare de départ et surtout d’une gare d’arrivée et d’un pylône de 27 mètres de haut, tous deux implantés dans un site vierge, accueillant une biodiversité rare et fragile, et s’accompagnera du terrassement et du damage de pistes de ski sur le glacier de la Girose.

Un projet d'aménagement aux impacts majeurs

Un collectif d'associations (Mountain Wilderness, La Grave Autrement –collectif d'habitants du territoire et de guides de haute montagne notamment–, France Nature Environnement PACA, AuRA et SAPN France Nature Environnement 05, la Ligue pour la protection des oiseaux PACA et Biodiversité sous nos pieds) s'organise pour défendre la spécificité du site et s'opposer au projet d'aménagement. Les différents motifs avancés pour dénoncer le projet sont les suivants :

  • ATTEINTE AU PAYSAGE ET À L'ESPRIT DU LIEU
    Le site bénéficie d’un paysage d’une qualité exceptionnelle ; dernier grand glacier français sur lequel on peu prendre pied directement depuis le col des Ruillans, à l’arrivée du T2, la Girose serait balafrée par cette ligne de remontée mécanique visible de très loin. Ce projet est incompatible avec la préservation du site exceptionnel qui plonge le visiteur au cœur de la haute montagne et son ambiance de face nord. 
    Le glacier de la Girose, aux portes de la zone cœur du Parc national des Écrins, est en effet un joyau alpin où la nature se déploie dans toute sa majesté sauvage. S’aventurer sur ce glacier depuis la gare d’arrivée du T2, en autonomie ou accompagné de professionnels, est bien plus qu’une simple randonnée : c’est une aventure humaine, une rencontre avec l’âpreté et la beauté de la haute montagne. Entre défis physiques, émotions fortes et contemplation, c’est vivre une expérience rare et transformative, à la hauteur des plus grands paysages alpins. Ici, loin de l’agitation des stations touristiques, le visiteur ressent une liberté totale. L’immensité du glacier, la verticalité des faces nord, leur austérité, et l’horizon infini des cimes qui s’ouvre à nos yeux créent une impression d’être au bout du monde, comme si le temps s’était arrêté. Ce n’est pas pour rien que le glacier est cartographié comme faisant partie de « La montagne sauvage » sur la carte des vocations adossée à la charte du Parc national des Écrins. Si la Charte autorise bien les activités touristiques dans ces espaces, c’est seulement sous réserve de respecter des règles strictes de durabilité, et elle encourage le suivi scientifique et la sensibilisation pour préserver ce milieu exceptionnel.

  • IMPACT ENVIRONNEMENTAL
    Le construction du troisième tronçon de téléphérique menace des espèces protégées comme le Gypaète barbu (risque de collision avec les câbles) et une flore d’altitude rare et fragile, à l’image de l’Androsace du Dauphiné. Cette plante, espèce endémique très récemment identifiée, grâce à des analyses ADN, comme une variante de l’Androsace pubescente, est présente sur un rognon rocheux du glacier de la Girose, précisément là où un pylône intermédiaire du téléphérique doit être implanté. Sa présence a été confirmée par des scientifiques du laboratoire d’écologie alpine (LECA, CNRS) et l’Office français de la biodiversité (OFB). Cette espèce, bien que non encore officiellement protégée par la loi (son nom n’est pas précisément inscrit dans la liste des espèces protégées), devrait en toute logique, les scientifiques l’affirment, hériter du statut de protection nationale de l’Androsace pubescente dont elle descend, protégée depuis 1982.

    Le Gypaète barbu, un grand vautour, est une espèce protégée particulièrement vulnérable du fait du faible nombre d’individus dans les Alpes françaises. Il est lui aussi menacé par les câbles qui traverseraient le glacier, qu’il survole très régulièrement. La présence de couples nicheurs, et donc de juvéniles, à proximité du projet et le risque de collision avec les câbles appellent une vigilance maximale. Les effectifs réduits de cette espèce, combinés à une écologie spécifique et une maturité sexuelle tardive rendent la survie de chaque individu indispensable au maintien de l'espèce dans l'arc alpin.

  • MISE EN CAUSE DU MODÈLE ALTERNATIF DE « STATION DE MONTAGNE »
    La Grave est symbole d’une montagne authentique et frugale ; le T3, dessiné pour assurer la liaison avec les Deux Alpes, qui existera de fait de part le lieu d’implantation de la gare d’arrivée (même si cette liaison est interdite dans les textes…) est une dérive vers un modèle de station classique, avec un risque de massification de la fréquentation du glacier par la clientèle des Deux Alpes (déjà possible au prix d’une dizaine de minutes de marche). La Grave et le glacier de la Girose méritent largement mieux que d’être transformés en une banale piste surplombée de câbles. Nous pensons que la vocation du site du col des Ruillans, actuelle arrivée du téléphérique à 3200m, serait de devenir une belle porte d’entrée dans un domaine de haute montagne, au caractère exceptionnel, en contact direct avec un des derniers grand glaciers des Alpes du sud. Et non être transformée en banale station intermédiaire d’une méga station de ski…

C’est pour ces différents motifs que le milieu associatif s’est mobilisé : éviter la dégradation du site et faire valoir des alternatives à ce projet. Car l’équation ne se résume (heureusement !) pas pour la vallée à « Le téléphérique ou la mort » ni à « Le pylône contre la petite fleur ».

T3 de La Grave : 10 ans d'action collective

Des recours en suspension et en annulation ont donc été formés devant le tribunal administratif de Marseille par nos associations, contre l’autorisation d’urbanisme et contre le refus du préfet des Hautes-Alpes d’imposer au promoteurs du téléphérique de réaliser un dossier de dérogation à la destruction d’espèces protégées.

Le tribunal administratif de Marseille a choisi de traiter ces recours de manière parallèle. Le 11 février 2026, le tribunal administratif de Marseille a rejeté notre recours contre le permis de construire, estimant que l’Androsace du Dauphiné n’était pas officiellement protégée au moment de la décision. Nous faisons appel de cette décision (rappelons toutefois que le tribunal se prononce sur la légalité du projet, pas sur son opportunité). En mai 2026, ce même tribunal administratif de Marseille reconnait que la protection du gypaète est insuffisamment prise en compte par le projet, et a jugé que les risques de collision avec les câbles du téléphérique reliant le col des Ruillans au Dôme de La Lauze de près de 1 830 mètres de long, culminant à une hauteur sol comprise entre 70 et 150 mètres. Le tribunal a donc enjoint au préfet des Hautes-Alpes de mettre en demeure la société responsable du projet de déposer une demande de dérogation dans un délai de deux mois et de suspendre l’exécution des travaux en cours. Un regret : ce jugement ne retient pas l’impact du projet d’aménagement sur l’Androsace du Dauphiné au motif qu’elle n’est pas encore inscrite sur la liste officielle des espèces protégées… alors qu’elle est une évolution de l’Androsace pubescente protégée !

Une avancée majeure : la protection forte des glaciers français à échéance 2030

En novembre 2023, la France accueillait le « One Planet Polar Summit », le premier sommet international entièrement consacré à la préservation des glaciers, des pôles et de la cryosphère. Ce sommet avait pour objectif de renforcer la coopération internationale pour protéger ces milieux menacés par le changement climatique, en mobilisant chefs d’État, scientifiques, ONG et acteurs locaux. L’événement a abouti à l’adoption de l’« Appel de Paris pour les glaciers et les pôles », qui vise à accélérer la protection de ces écosystèmes et à adapter les politiques climatiques face à leur érosion accélérée.

Le gouvernement a été interpellé par des scientifiques de renom et nos associations, à travers l’« Appel pour les glaciers » publié pour l’ouverture du Sommet2, qui ont demandé une protection forte des glaciers et ont symboliquement déposé un morceau de glacier de la Girose pesant 35 kg, arrivé le matin même des Hautes-Alpes par le TGV, et qui a fondu sur les marches du Muséum d’histoire naturel durant tout le sommet. La glaciologue Heïdi Sevestre, membre de la Grande Cordée de Mountain Wilderness et ambassadrice de la cause des Glaciers, est allée plaider notre cause collective. Suite à cette mobilisation d’ampleur, le président Emmanuel Macron a annoncé dans son discours de clôture la volonté de mettre sous protection forte, d’ici 2030, l’ensemble des glaciers et écosystèmes post-glaciaires français, y compris celui de la Girose.

Ce site glaciaire exceptionnel, le seul en France accessible par tous grâce au téléphérique existant, doit être préservé. Nous pensons que sa dénaturation par la construction de cette installation nouvelle ne crée pas de richesses mais est destructrice de sa valeur inestimable. En réponse à une question du sénateur Gontard, le gouvernement dit qu’il faudra « interroger le modèle touristique proposé au regard de la protection forte qu'il convient d'instaurer et, le cas échéant, de faire évoluer le projet afin d'en réduire l'impact, voire de lui substituer un projet alternatif durable. »

Sur ce sujet, l’engagement des scientifiques est à saluer. Botanistes, géomorphologues, géographes, glaciologues ou sociologues, ils sont 18 chercheurs, hommes et femmes, à avoir contribué à un ouvrage collectif autour de la controverse de l’aménagement de ce troisième tronçon du téléphérique de la Girose. Dans « Glacier de la Girose, versant sensible3 », ce collectif « Rimaye » analyse la controverse au regard de leurs recherches mais aborde aussi le regard sensible. L’ouvrage propose ainsi un nouveau regard, et préconise de valoriser le potentiel des deux tronçons de téléphérique existants (T1 et T2) en développant des activités de médiation scientifique, des espaces d’interprétation du glacier, des promenades et un refuge de montagne au col des Ruillans, afin de permettre une fréquentation toute l’année sans construire le T3.

Un travail collaboratif pour définir une autre trajectoire de la Haute-Romanche

À notre initiative, l’État et les deux communes de La Grave et de Villar-d’Arène, ont engagé une démarche « Atelier des territoires » pour la Haute Romanche afin, notamment, d’évaluer les enjeux de protection du glacier de la Girose en lien avec l’objectif de protection forte annoncé lors du sommet international, d’interroger le modèle touristique actuel, et plus globalement, d’élaborer un projet de territoire à la hauteur des enjeux auxquels la vallée doit faire face.

Nous avons largement participé à la première phase (diagnostic et enjeux) de cette concertation financée par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT). Une deuxième phase devrait s’organiser dès le second semestre 2026.

Donnez pour défendre les écosystèmes montagnards du glacier de la Girose

L’enjeu de renaturation et de protection de ce « bien commun » exceptionnel, nécessaire aux Humains en ce qu’il permet l’immersion dans la Nature et la Haute-Montagne, la contemplation et l’édification de notre propre rapport au Monde, dépasse très largement l’enjeu local.

Persuadé que l’avenir de La Grave, riche de multiples atouts, n’est pas dépendant de la construction de ce téléphérique plus destructeur de valeur que créateur de richesses, nous continuerons, avec votre appui, à lutter contre ce projet inutile et néfaste et à promouvoir une montagne durablement vivante, dans l’intérêt de ceux qui y habitent, y travaillent ou la visitent.

Les actions ont déjà été nombreuses :

> Appel pour les glaciers ; manifestations « Sauvons les glaciers », à Paris, sur le glacier lui-même, ou sur le plateau d’Emparis, en pleine vue de la Girose ; actions juridiques, encore plus nombreuses, plaidoyer auprès des décideurs...

> Référé suspension et recours au fond contre le permis de construire devant le tribunal administratif de Marseille, appel devant la cour administrative d’appel de Marseille ;

> Référé liberté, référé suspension et appel devant le Conseil d’État en ce qui concerne le volet Espèces protégées ;

> Recours sur le fond partiellement gagné devant le TA de Marseille concernant lui aussi ce volet Espèces protégées ;

> Réalisation de films et de conférence de sensibilisation sur le sujet « La Meije demain ».

Pour poursuivre ce travail, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien pour :

  • Mettre en œuvre toutes les possibilités juridiques pour obtenir gain de cause ;
  • Soutenir nos actions de plaidoyer pour obtenir la protection « formelle » de l’Androsace du Dauphiné, mais aussi la mise en œuvre de la décision de protection forte des glaciers, une protection qui ne doit pas être une protection « croupion » qui ne préserverait qu’une zone réduite dans l’espace et dénuée d’enjeux, ni une protection « alibi » et qui préserve effectivement les glaciers et leurs environnements de toute atteinte supplémentaire, celui de la Girose en particulier ;
  • Renforcer notre implication dans le processus de concertation piloté par l’État et les communes sur l’avenir de la Haute-Romanche.

Aujourd’hui, nos associations s’unissent pour faire appel à la  générosité publique, afin de poursuivre notre action en faveur des  écosystèmes montagnards de La Grave/La Meije. Ensemble, nous serons en mesure de contribuer à faire émerger un nouveau projet de territoire a haute valeur patrimoniale pour ce territoire !

  1. Liaison qui sera également interdite par le SCoT de l’Oisans, dans le périmètre duquel se trouvent les Deux Alpes.
  2. Cet appel, qui se conclut par «Ensemble, "Laissons les glaciers tranquilles"» a été signé par plus de 100 personnalités dont des scientifiques de renom. Valérie Masson Delmotte, directrice de recherches au CEA, Sandra Lavorel, écologue, Charlène Descollonges, hydrologue, Heidi Sevestre,  glaciologue, Thierry Lebel, hydroclimatologue, Jean-Baptiste Bosson, glaciologue, mais aussi Camille Étienne, activiste et auteure, Vincent Munier, photographe animalier, Cyril Dion, auteur,
    réalisateur, poète, Cédric Sapin Dufour, écrivain et alpiniste, Lionel Daudet, écrivain et guide de haute montagne, Laetitia Roux, championne du monde de ski alpinisme, Marie Dorin-Habert, championne du monde de biathlon ou Nicolas Favresse, alpiniste, l’ont notamment signé.
  3. Décembre 2024, éditions Naturographe, ouvrage coordonné par Mikaël Chambru, Xavier Bodin et Sébastien Ibanez.

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