Dans un deuxième temps, une table ronde a réuni trois intervenants pour aborder l’obsolescence des stations de ski et la transition des territoires : Nicolas Masson, bénévole dans la campagne « Installations Obsolètes » de Mountain Wilderness, Hélène de Kergariou, commissaire de massif du Jura, et Pauline Chicoisne, experte du programme Territoires de Montagne à la Banque des Territoires.
Du côté de Mountain Wilderness, la lutte contre les installations obsolètes est une démarche essentielle de protection de l’environnement. L’abandon d’installations qui ne sont plus exploitées en montagne est le symptôme d’un aménagement non durable, dans une logique d’exploitation des ressources, sans réflexion de long terme sur le respect du sauvage et l’impact laissé à l’avenir par nos activités présentes.
Depuis 2001, Mountain Wilderness mène la campagne Installations Obsolètes, avec l’objectif de responsabiliser les aménageurs, faire disparaître les installations abandonnées, éviter la pollution et supprimer un facteur de risque pour la biodiversité et les visiteurs. Nicolas Masson a également présenté la plateforme interactive en ligne, qui permet à n’importe quel promeneur de signaler une installation, qu’elle soit d’origine industrielle, militaire, touristique ou agricole.
Sur l’obsolescence des stations de ski alpin, le phénomène de fermeture des domaines skiables va s’accélérer dans les prochaines années, avec des stations de plus en plus grandes et de plus en plus hautes qui vont être confrontées à des difficultés et considérer la fin de leur exploitation. Les installations liées au ski à l’abandon seront donc un problème à suivre attentivement.
La commissaire de massif du Jura est ensuite intervenue pour parler de l’avenir des territoires de montagne. Le Jura est un massif de moyenne montagne, avec des défis qui lui sont propres. Son tissu socio-économique est robuste grâce à une grande diversité des activités économiques : artisanat, agriculture, industrie et services, entre autres le tourisme.
Le massif possède trois grandes stations, Les Rousses, Métabief et les Monts Jura, mais aussi une multitude de petits domaines, particulièrement vulnérables au changement climatique et à la variabilité de l’enneigement. Entre 2020 et 2021, le commissariat avait recensé plus d’une vingtaine de stations en difficulté et en phase de mise à l’arrêt. Le commissariat peut alors jouer un rôle d’accompagnement, en ayant une vue d’ensemble et en allant au-devant des propriétaires plutôt que de les laisser gérer chaque situation au cas par cas.
La commissaire rappelle que la politique de la Montagne donne le droit à l’expérimentation, et que c’est aux élus de s’emparer de cette opportunité. Le Plan stratégique d’Adaptation au Changement Climatique, validé en début d’année, prévoit une soixantaine d’actions sur les ressources en eau, la valorisation de l’activité économique et la complémentarité des secteurs. L’objectif est d’assurer une économie diversifiée et résiliente, qui ne dépende pas du tourisme et soit capable d’appréhender la transition vers l’après-neige.
Pour terminer, la Banque des Territoires a présenté son programme « Territoires de Montagne » et sa feuille de route pour les cinq prochaines années, avec des réponses adaptées aux enjeux locaux. Les remontées mécaniques obsolètes sont un sujet auquel sont souvent confrontés les acteurs de montagne dans les territoires des stations. La Banque des Territoires peut accompagner des acteurs dans les projets de démontage et de renaturation, le recyclage des matériaux et la revalorisation des sites.