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© Gonzalo Ossa

La transition du tourisme au coeur des espaces valléens

31 janv. 2019

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Le 24 janvier dernier a eu lieu la rencontre des espaces valléens aux Contamines-Montjoie, organisée par Alparc, le Comité de Massif des Alpes et Asters, le Conservatoire d’Espaces Naturels de Haute-Savoie. Dans le cadre de sa mission Transition du tourisme en montagne, Mountain Wilderness était présent à cette rencontre.

La journée a commencé par des interventions du maire de la commune, Étienne Jacquet, du maire de Praz-sur-Arly, Yann Jaccaz, du président d’Asters, Thierry Lejeune, ainsi que de Christian Schwoehrer son directeur, du maire de Chamonix, vice-président de la région AuRA, Eric Fournier, et du directeur du Parc national des Écrins, Pierre Commenville. Ces personnalités nous ont dépeint les différents projets et objectifs pour le pays du Mont-Blanc, mais aussi à travers toutes les Alpes, mais aussi l’importance du prgrame « espaces valléens » porté par le Comité de Massif des Alpes.L’occasion de rappeler les origines du nom de la commune accueillant cette rencontre : « Montjoie » qui, au Moyen-Age, était un cri de ralliement. Aujourd’hui aussi, c’est tous ensemble qu’il faut s’attaquer aux enjeux de la montagne de demain.

« Les espaces valléens sont des espaces représentatifs du défi qui nous attend »

Eric Fournier, maire de Chamonix

Par la suite, les richesses environnementales du territoire alpin ont été présentées. L’espace est en bon état, mais il subit des pressions non négligeables : habitation, ressource en eau, développement touristique, aménagement du territoire, changements climatiques etc. Les différents acteurs du territoire souhaitent travailler en réseau sur ces questionnements, pour mettre en place un tourisme durable. Ils travaillent également autour de l’action « Sentinelles des Alpes », afin d’adapter les politiques publiques aux nouveaux enjeux du changement climatique. Il faut également réadapter l’offre touristique à une clientèle en recherche d’authenticité, du caractère remarquable des paysages, en s’éloignant de la standardisation actuelle, pour mettre en valeur les aménités des territoires. C’est en cela que les espaces valléens ont un rôle d’animation de proximité, en mettant en musique l’ensemble des acteurs du territoire.

« Protéger c’est bien, mais l’environnement n’est pas qu’une contrainte c’est aussi une ressource »

Cédric Conteau, Commissariat du Massif des Alpes

La matinée s’achèvera sur une table ronde : comment s’intègrent les espaces alpins et la biodiversité dans les stratégies de territoires ? Avec le Parc naturel régional des Bauges, le Parc national de la Vanoise, Savoie Mont Blanc tourisme, l’association des réserves naturelles de France, le syndicat national des accompagnateurs de montagne et Contamines tourisme. L’environnement est défini comme l’élément singulier du territoire, le cœur du débat étant le changement de paradigme, il faut développer les synergies entre acteurs. Le tourisme doit être "expérientiel" et plus seulement tourné vers le ski, renouveler la relation Homme/montagne, mettre l’éducation au cœur de l’offre touristique.

« On ne protège jamais aussi bien que lorsque l’on partage »

Eva Aliacar, directrice du Parc national de la Vanoise

L’après-midi a été consacré à la mise en avant d’initiatives de valorisation d’espaces valléens, dans le cadre du programme « espaces valléens » qui aide à la définition et au suivi d’une stratégie touristique diversifiée pour les vallées du massif alpin. Des initiatives de tous les pays de l’arc alpin nous ont été présentées par des animateurs territoriaux dédiés, comme par exemple : la valorisation du col Agnel présentée par le PNR du Queyras, la requalification de la source du Var animée par la communauté de communes des Alpes d’Azur, ou encore Destination PARKS conduite par Alparc.

L’avenir des territoires de montagne passe par la valorisation des singularités de chaque espace valléen, la « personnalité d’une territoire ». Ramener une notion internationale dans les projets de l’arc Alpin est facteur de valeur ajoutée : « Comme habitants de l’arc Alpin, on se comprend et c’est ce qui fait notre force » [1]. Avec les impacts du réchauffement climatique directement visibles à l’heure actuelle dans les Alpes, et la pression de plus en plus forte sur les milieux, il faut changer les mentalités et la conception du tourisme : les Alpes peuvent devenir un modèle de tourisme durable. « Le tourisme durable n’est pas une option mais une nécessité » [2]. La protection et le développement économique sont des impératifs, l’humain a besoin d’être confronté à la nature.

[1Peter Ogier, Alparc - le Réseau Alpin des Espaces Protégés

[2Markus Reiterer, Convention Alpine

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