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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Chiens de protection patous

28 juil. 2009

Suite à quelques sollicitations concernant l’avis de MW sur les Patous, nous vous faisons part de l’article ci-dessous de Jean-Luc Borelli (adhérent MW et chargé de mission à FERUS) qui synthétise la position de MW sur ce sujet.
Tous ceux qui œuvrent pour la cohabitation élevage / grands carnivores encouragent à ce titre l’utilisation des moyens de protection et considèrent donc la présence des "patous" comme indispensable auprès des troupeaux.

PatouIl est important d’apporter son soutien aux éleveurs et bergers qui mettent en œuvre les moyens techniques et humains recommandés par tous ceux qui veulent maintenir à la fois l’élevage et la faune sauvage dans un même espace naturel. Concept d’actualité, qui justement attire en montagne ceux-là même qui pourraient avoir une mésaventure avec un patou !

Ce sont aujourd’hui plus de mille chiens qui opèrent auprès des troupeaux sur l’ensemble de l’arc alpin. En plus de quinze ans de présence du loup, l’évolution a été finalement rapide, il a fallu "redécouvrir" ces techniques de protection et l’utilisation des patous est loin d’être une science exacte ! De façon plus générale, la mise en place et l’utilisation quotidienne des moyens de protection sont une affaire payante en termes de diminution de la prédation, mais une opération délicate et contraignante pour les éleveurs et bergers.

Les chiens représentent généralement l’outil le plus efficace et le plus polyvalent d’un dispositif de défense, ils sont souvent impressionnants - et c’est là leur rôle - mais très exceptionnellement dangereux. Et même si localement et ponctuellement on peut déplorer des incidents voire plus rarement quelques accidents (4 ou 5 interactions plus "sérieuses" l’an passé sur l’arc alpin), les "patous" ne sont finalement pas si problématiques que cela au vu, par exemple, de l’importante fréquentation touristique estivale en zones pastorales.

Bien sûr, afin de ne pas remettre en cause leur présence auprès des troupeaux, il faut rester vigilant quant à la qualité des chiens mis au travail et surveiller leur évolution comportementale. Tout comme il faudra encore renforcer la communication auprès des éleveurs et bergers comme de l’ensemble des usagers (professionnels ou touristiques) des zones à loups, car c’est finalement l’affaire de tous.

Depuis de nombreuses années, l’Etat français, via son Plan National Loup, gère cette problématique loup-élevage. A ce titre il finance, par l’intermédiaire du Ministère de l’Agriculture, tout un panel de mesures de protection dont les chiens "patous", les parcs de regroupement et les aide-bergers, recomposant ainsi cette fameuse trilogie de prévention qui a fait ces preuves de par le monde. Dans chaque département concerné par le loup, des techniciens en DDAF sont en charge de la prévention de la prédation sur les troupeaux domestiques. Ils pilotent, entre autre, le recrutement, la mise en place et le suivi des chiens de protection chez les éleveurs qui entrent dans la démarche de protection de leur cheptel.
Parallèlement des outils de communication ont été créés et diffusés, comme les panneaux que l’on trouve au départ des sentiers, des plaquettes grand public, un DVD, une BD, des brochures et vidéos techniques à l’attention des bergers et pastoralistes...

Au sein du groupe national loup et de ses antennes départementales, réunissant les différents acteurs impliqués dans le dossier (administrations, OPA, ONG ...) une cellule de travail "chien de protection" a été créée il y a bientôt trois ans et un programme national "chiens de protection" a été lancé avec pour objectif d’améliorer le suivi des chiens, leur éducation, leur statut juridique, la communication, la formation... Un important travail vient d’être rendu sous la forme d’un document de synthèse que l’on peut télécharger sur le site de l’Institut de l’Élevage : Programme national "Chiens de Protection des Troupeaux" pour réaliser le recensement et l’évaluation de l’efficacité des chiens et faciliter leur introduction par les éleveurs dans leur troupeau.

images/documents/PATOU-plaquetteinfo.pdfSi les administrations, les organismes professionnels et associatifs impliqués, les éleveurs et bergers doivent poursuivre leurs efforts de formation, d’information et confirmer leur savoir-faire en techniques de protection, il n’en appartient pas moins à tous les acteurs et utilisateurs des espaces naturels concernés de s’informer, adapter autant que possible leur conduite en zones pastorales, respecter le travail et les consignes des alpagistes et accepter quelques désagréments comme la présence parfois impressionnante des "patous"... afin que les montagnes, y compris les zones à loups, restent un espace de liberté et partage.

Dans cette optique le chien de protection des troupeaux représente un maillon essentiel, un des symboles et des enjeux les plus actuels, de cette volonté commune de multi-usage des territoires.

En savoir plus : http://ferus.org/
Une plaquette informant sur le comportement à adopter face aux patous est téléchargeable ici.

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