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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Journée de sensibilisation à la défense de la Séveraisse

30 juin 2009

Par Stéphane Roux, Administrateur de Mountain Wilderness,
en charge du dossier "Eaux vives"

Dimanche 28 juin 2009, une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel de la SAPN (Société Alpine de Protection de la Nature) et de son Président, Hervé GASDON, invitant les amoureux des torrents alpins à une journée de découverte de la section amont du torrent de la Séveraisse (Vallée du Valgaudemar - Hautes-Alpes). Le rendez-vous était symboliquement donné sur la commune de La Chapelle en Valgaudemar, au hameau du Bourg, à proximité des lieux prévus pour l’implantation d’une énième microcentrale hydroélectrique déjà fort nombreuse sur ce cours d’eau. Mountain Wilderness était bien entendu représenté, marquant ainsi son soutien à la SAPN et son opposition à un projet destructeur imaginé sur la toute dernière section préservée du torrent, qui plus est, située pour partie en pleine Réserve Naturelle Nationale*.
BandoSeveraisse09
Le temps d’une randonnée le long du parcours menacé, les participants ont pu se saisir de la beauté des lieux, de la valeur de l’écume dans les hautes vallées et échanger sur les facettes d’un projet aberrant que rien ne justifie indépendamment des gains financiers privées pour l’industriel et ses actionnaires. Les espoirs de recettes fiscales estimés par Monsieur le Maire de la Chapelle en Valgaudemar, partisan acharné du projet, peuvent, quant à eux, être très largement nuancés. Pour importants qu’ils puissent être pour le budget d’une petite commune, les 40.000 euros de recettes locales doivent être, en effet, considérées au regard :
- de la précarité même du cadre législatif régissant la fiscalité locale et la capacité juridique même de la commune à réclamer sur le court et moyen terme cette somme,
- des incertitudes économiques et techniques d’exploitation sur lesquels se fondent les estimations de recettes pour la commune,
- des coûts collectifs induits par la construction, la gestion et la maintenance d’un équipement à fort impact environnemental et paysager,
- du préjudice privé pour les propriétaires fonciers à qui le projet, à défaut de mesures possibles d’expropriation, ne propose qu’un dédommagement financier symbolique au regard des contraintes d’usages induit par la construction et la maintenance « à vie » des ouvrages,
- du préjudice économique résultant de la destruction d’un investissement collectif de plus de 30 ans et lié à la mise en place et la gestion d’une réserve naturelle classée,
- des effets et des risques souvent nuancés par les pétitionnaires sur le fonctionnement naturel du torrent situé en un site géologique particulièrement actif et sensible (limitation des évacuations sédimentaires par exemple),
- du préjudice porté à l’image « naturel » et au niveau d’attractivité touristique, sportif et de loisirs du territoire, par ailleurs promotionnés par les acteurs socio-économique locaux, par les services du parc national, par les services tourismes du Département et de la région,
- à l’absence de gains pour les habitants de la vallée sur les plans de la facture énergétique et / ou la consommation d’énergie moins impactante,
et enfin dans le cadre d’équipements industriels largement automatisés, à l’absence de création d’emplois locaux durables.
Une situation que la SAPN et Mountain Wilderness comptent bien continuer de dénoncer, avec tous les acteurs associatifs et les forces socioprofessionnelles de la vallée convaincus de la nécessité d’axer le développement durable du territoire notamment par la valorisation responsable de son patrimoine naturel. Au-delà la lutte contre ce projet destructeur, Mountain Wilderness désire travailler avec tous ceux pour qui la vente à la coupe du patrimoine eaux vives des hautes-vallées ne constitue pas en tant que telle une solution aux enjeux énergétiques locaux ni à ceux de développement des territoires et de maintien de l’emploi local.


* classée par le décret n° 74-540 du 15 mai 1974
 

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