Crédits photos

Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Le Parc national des Écrins dans la tourmente

9 janv. 2014

La réforme de 2006 des parcs nationaux portait en germe les problèmes rencontrés en Vanoise (lire ici et ). Mais l’élargissement des missions à la zone d’adhésion conjugué à des baisses significatives de moyens fragilise les établissements publics. Retrouvez ci-dessous le témoignage de Michel Bouche, salarié du Parc des Écrins et Secrétaire de la section syndicale SNE/FSU, sur la situation dans ce "parc européen de la haute montagne".

Jusqu’alors épargnés par les divers dispositifs de révision des politiques publiques visant à diminuer les déficits, les parcs nationaux sont aujourd’hui touchés de plein fouet.

Le Parc national des Écrins en particulier connaît une baisse drastique de ses budgets et de ses effectifs qui le conduit à la limite de sa capacité de fonctionnement. Récemment, la presse s’est fait l’écho d’une rallonge de 300 000 € sur le budget de ce Parc.

Pourtant la réalité est tout autre :

  • En 2012, 25 % du budget annuel sont amputés ;
  • en 2013, ce dernier est encore en baisse de 6% et le budget prévisionnel de 2014 est diminué de 4% par rapport au prévisionnel 2013.
  • En 2009, le plafond d’emploi était de 110 postes : il est aujourd’hui de 98 avec un objectif à 90 en 2015, soit 20 % de baisse en 6 ans…..

A l’heure où le Parc national s’engage avec les communes adhérentes à sa charte sur des actions ambitieuses qui devaient promouvoir un développement durable du territoire, l’État se désengage.
Comment peut-on croire qu’il est possible de faire plus et mieux avec moins de moyens et moins de personnel ? Qu’une réorganisation de l’établissement va tout arranger ?

Pour 2014, les marges d’action du Parc national des Écrins sont extrêmement faibles, au point que de nombreuses actions habituellement consacrées à nos partenaires ne pourront être reconduites malgré des attentes légitimes.
Les ambitions scientifiques du Parc sont également revues à la baisse, et des pans entiers de la connaissance, ainsi que les compétences qui les accompagnaient, sont abandonnés.

L’état encourage l’autofinancement et le recours au mécénat, pour ne pas dire au sponsoring. Mais ces activités, avant de donner des moyens, exigent du personnel. Et que dire de l’indépendance des actions des Parcs nationaux lorsqu’ils seront tributaires de lobbies et de multinationales ?

La réalité des Parcs nationaux, fers de lance de la protection de l’environnement, exemples de service public, et de leur personnel passionné par ses missions est en train de disparaître au profit d’une simple vitrine, alibi des engagements de la France en matière d’environnement.

Par Michel Bouche, salarié du Parc des Écrins et Secrétaire de la section syndicale SNE/FSU
JPEG - 162.7 ko

Diffuser cet article :


Partager