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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Mountain Wilderness et l’Himalaya

8 mars 2004

Au printemps 2002, Mountain Wilderness International a lancé un appel à témoignage dans le cadre d’une étude conduite par Mountain Wilderness International sur les officiers de liaison en Himalaya. Cet appel a été largement diffusé dans la presse de montagne internationale et sur Internet.
De nombreuses contributions nous sont déjà parvenues, aussi bien à Grenoble qu’à Rome.
Des questions —voire même dans un cas isolé des accusations publiques extrêmement grave taxant cette annonce d’ « appel à la délation », mettant en cause les compétences de Mountain Wilderness pour traiter de ces questions, et soupçonnant le mouvement de « mauvaises intentions »— nous ont également été posées.
Il nous semble aujourd’hui intéressant, afin que chacun puisse bien mesurer les tenants et les aboutissants de cette étude, de faire un rappel sur la nature de l’implication de Mountain Wilderness en Himalaya.
Le point de la situation, par Carlo Alberto Pinelli, Coordinateur international.

L’intérêt marqué de Mountain Wilderness pour l’Himalaya ne date pas d’aujourd’hui : la problématique des expéditions en Himalaya —en particulier la pollution des camps de base et des voies normales des grands sommets— est à l’origine même de la création du mouvement ; l’autre grand volet étant celui du « rétrécissement » des montagnes européennes à cause de la pression des stations de ski, des transports internationaux de marchandises ou du tourisme de masse.
C’est la prise de conscience de ces deux sujets parmi d’autres qui ont conduit les plus grands alpinistes de l’époque à se réunir fin 1987 sous l’égide du Club alpin académique italien et à créer Mountain Wilderness.

Parmi ces alpinistes, on compte les plus grand noms de l’himalayisme : Reinhold Messner, Kurt Diemberger, Sir Chris Bonington, Lord John Hunt, Wanda Rutkiewicz, Jerzy Kukuczka ou Jordi Pons. Ces personnes ont été ou sont toujours "garants internationaux" de l’association. Ils ont été rejoint par d’autres comme Olivier Paulin, Jéronimo Lopez, Fausto De Stefani, Jean-Christophe Lafaille ou encore Harish Kapadia. N’oublions pas Sir Edmund Hillary, président d’honneur de Mountain Wilderness International depuis sa création.

Suite au succès du nettoyage du K2 et grâce à la confiance instaurée ainsi entre Mountain Wilderness et le Ministère de la Culture, du Tourisme et des Sports d’Islamabad, le Pakistan a demandé à nos experts de participer à la refonte des règles concernant les expéditions, afin que ces règles prennent en compte la dimension écologique du problème. Permettant ainsi à l’opération « Free K2 » de ne pas être un coup d’épée dans l’eau, Mountain Wilderness a mis en place, d’abord au Pakistan puis ensuite en Inde —à la demande de l’Indian Mountaineering Association—, plusieurs cycles de formation à "l’alpinisme écologique" (Environmental Mountaineering Courses) à destination des officiers de liaison. Le but : les former aux techniques de base de l’alpinisme, à la géographie, l’histoire géologique et humaine (en particulier "alpinistique") de l’Himalaya, et surtout, leur donner une "conscience écologique" leur permettant d’encadrer des expéditions, qui, du moins nous l’espérons, deviendront de plus en plus propres sous leur férule. Des formations de même nature –auxquelles le président de MW France Olivier Paulin a participé en temps qu’instructeur— ont également été dispensées en Inde, dans les montagnes du Garhwal.

Convaincus de l’intérêt de ces actions de Mountain Wilderness, les communautés locales de l’Hindu Kush pakistanais ont demandé à l’association d’organiser durant l’été 2001 le premier cours pour accompagnateurs professionnels de haute montagne. La formation professionnelle n’étant pas statutairement du ressort de Mountain Wilderness, ces cours ont été gérés en collaboration avec le Club alpin académique italien et l’Union internationale de conservation de la nature. Ils ont été organisés au profit des jeunes des vallées du Chitral, et ont joui d’un succès considérable. A cette occasion, Mountain Wilderness a décidé de faire le point sur le rôle et le comportement des officiers de liaison, y compris en recueillant —anonymement— les plaintes éventuelles émanant d’expéditions ayant rencontré des problèmes avec leur officier de liaison, non seulement pour le Pakistan mais pour tous les pays himalayens. Cela nous renseignera sur la pertinence de cette formation, et nous permettra de prendre la mesure de la tâche qui reste à entreprendre. Pour information, la Commission Expéditions extra-européennes de l’Union internationale des associations d’alpinisme (UIAA), informée de toutes ces actions, les a toutes approuvées.

L’implication de Mountain Wilderness en Himalaya est loin d’être terminée : des alpinistes pakistanais ont en effet créé une section de MW dans leur pays l’été dernier. Elle n’a pas encore pris son essor, du fait de la dégradation du climat politique qui a suivi les évènements du 11 septembre 2001. A l’occasion de l’Année internationale des montagnes, Mountain Wilderness International compte bien effectuer une action sur place pour manifester l’espoir d’un renouveau pacifique pour cette région du globe.
Cette volonté s’est concrétisée à l’été 2003 par l’organisation d’une mission en Afghanistan : "OXUS - des montagnes pour la paix".

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