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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Les parcs nationaux en danger !?

30 nov. 2005

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Aujourd’hui, 30 novembre 2005, débute à l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi sur le statut des parcs nationaux qui prévoit de réformer la loi de 1960 créant les parcs nationaux.

Pour les acteurs associatifs de la protection de la montagne et de la nature, force est de constater que ce projet soulève plus d’inquiétudes et de critiques que d’enthousiasme. Basé au départ sur la volonté de toiletter le statut d’origine, de faciliter la création de nouveaux parcs et d’améliorer l’appropriation des missions des parcs par les acteurs locaux, ce projet ne répond au final qu’imparfaitement à ces objectifs. Pire, il risque par certains aspects d’affaiblir le niveau de protection exercé dans les parcs et de les faire déchoir de leur catégorie de conservation selon les critères de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature.

Qu’en 2005 on ne crée pas un Parc National d’ « en haut » selon les désidératas de l’Etat jacobin est pour Mountain Wilderness une évidence. Qu’il faille rechercher une meilleure articulation entre des objectifs de protection souhaités par la société avec les besoins et attentes des acteurs locaux, aussi. On aurait pu en conséquence imaginer instaurer une plus grande capacité d’initiative locale, compensée par un encadrement strict du « label » et des missions par l’Etat. Par manque de volonté politique, on a malheureusement l’un sans l’autre.

Parmi ses aspects positifs, on peut retenir l’instauration d’une aire d’adhésion volontaire (l’ancienne zone périphérique), fondée sur l’adoption d’une charte définissant des objectifs de protection et de développement, obligeant à la compatibilité avec des missions de protection dévolues au coeur du Parc (ancienne zone centrale).

Parmi ses aspects négatifs, outre la composition d’un Conseil d’administration déséquilibré au profit des collectivités locales, on relève des possibilités d’autorisation d’activités et aménagements insuffisamment encadrées ; des autorisations de travaux sans avis de l’établissement public ; des « dispositions plus favorables » au bénéfice des résidents permanents et ayant-droits dans le coeur du Parc, grosses de dangers évidents ; une non-mention du Conseil Scientifique, de son rôle non plus que des missions de recherche et d’éducation des parcs.

Mountain Wilderness redoute que le passage à l’Assemblée ne soit l’occasion d’une aggravation du texte du point de vue de la protection et sous l’intiative de lobbys « aménageurs » bien connus, pour qui le développement durable des territoires fait obstacle aux aménagements et rendements de court terme.

En conséquence, Mountain Wilderness invite les Parlementaires à :
- poursuivre l’action visionnaire de leurs prédécesseurs de 1960, en n’affaiblissant pas les parcs nationaux actuels, avec des amendements relayant des projets locaux ponctuels, qui menacent leur intégrité territoriale et remettent en cause la protection des espaces naturels et des espèces sauvages ;
- renforcer la réforme, notamment pour affirmer ses objectifs fondamentaux de conservation de la nature, et affirmer la place des parcs nationaux français au sein du réseau international des aires protégées ;
- veiller à la consistance et à la qualité écologique de la zone périphérique ;
- assurer le rôle de garant de l’Etat pour la protection de la zone cœur ;
- assurer l’instauration d’un conseil d’administration représentatif et équilibré.

Il serait totalement incompréhensible, au moment où l’urgence à agir pour l’environnement et en particulier pour la diversité biologique est clamée par tous, d’affaiblir les parcs nationaux. La responsabilité de l’Etat comme celle des parlementaires est clairement engagée : ou le maintien et le renforcement d’outils de protection majeurs, ou la banalisation de cet outil et l’abandon de ses missions premières.

Mountain Wilderness France
Contact : 04 76 01 89 08 ou 06 77 04 23 30

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