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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Olympe - Les gougnaffiers dans le domaine des Dieux !

20 janv. 2006

Rien ni aucun endroit n’est à l’abri de la convoitise et de l’avidité des marchands du temple.

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Photo A. van Limburg

Pas même le domaine des Dieux, l’Olympe mythique de l’Odyssée et l’Iliade.Déjà, en 1988, un projet d’aménagement sur ce sommet emblématique de la culture mondiale prévoyait la construction de routes, de restaurants, d’hôtels, etc. A côté de l’installation d’un téléphérique sur le versant égéen, avec nivellement du sommet à la dynamite, et la construction d’un parc à thème dédié à l’antiquité au cœur du Parc national, une station de ski mécanisé était envisagée sur les pentes sud-ouest, dans la préfecture de Larissa. Et c’est ce dernier projet qui ressort maintenant des cartons.

Rappelons que la mobilisation, impulsée par la toute jeune association Mountain Wilderness, avait permis de faire capoter ces projets. Parmi les actions phares, le rassemblement du 9 au 11 juin 1989, qui avait réuni au sommet une centaine des plus grands alpinistes du monde autour de Reinhold Messner ; la tournée des localités du piémont par François Labande et Kostas Tsipiras en septembre 1991 ; le manifeste pour l’Olympe, lancé fin 1993, et signé par de prestigieuses personnalités, parmi lesquelles Maurice Béjart, Hubert Reeves, Haroun Tazieff, Umberto Eco, G ?nther Grass, et bien d’autres ; et, pour finir, l’ascension en courant de Gilles Grindler le 12 août 1995.

Finalement, en 1995, le gouvernement grec s’engage à refuser tout projet d’aménagement de l’Olympe. Mais la protection des espaces naturels, comme le savent bien tous ceux qui s’engagent dans leur sauvegarde, n’est jamais définitivement acquise !

Début 2004, le projet de station de ski refait surface. Dès le 22 mars, les services techniques de la Préfecture de Larissa donnent leur accord à l’élargissement et au goudronnage de la route Sparmos-Olympe. En août, la région de Thessalie reçoit, de cette même préfecture, une demande de financement de 6,8 millions d’euros pour ce projet. Après consultation, le Ministère de l’Economie et des Finances donne son accord le 24 décembre pour une étude coût-bénéfice, avec une subvention de 45 000 euros pour ce faire.

Mais déjà l’opposition s’organise. Autour de Kostas Tsipiras, qui a été l’âme du combat des années 90, se crée une "Initiative pour la prévention de la création de domaines skiables sur le mont Olympe grec". Elle écrit, le 4 février 2005, aux parlementaires, ministres et administrations pour demander l’annulation de l’étude d’impact environnemental, entachée d’illégalité.

Le 25 février, un certain nombre de personnalités, dont François Labande et Reinhold Messner, écrivent au premier ministre grec, Constantin Caramanlis, demandant la destitution du secrétaire général de la province de Thessalie, dont l’impartialité est gravement mise en cause. Mountain Wilderness n’est pas de reste, et, le 2 mars 2005, Patrick Gabarrou, coordinateur international, et Hugues Thiébault, secrétaire général, envoient à leur tour un courrier au premier ministre, lui demandant de stopper le projet.

Malgré cette mobilisation, les travaux commencent sur la route Sparmos-Olympe le 28 avril 2005. Le 25 mai est une étape cruciale, avec le dépôt, par l’Initiative, d’un recours auprès de la Cour Suprême.

Alors que la justice suit lentement son cours, que le silence des autorités et administrations est assourdissant, les aménageurs poursuivent leurs études et dressent les plans de la future station. Bien décidés à ne pas baisser les bras, les opposants pensent déjà à la prochaine étape du combat.

Du côté de Mountain Wilderness, c’est au niveau européen que l’action va se déplacer. Une campagne de lobbying auprès du Parlement européen va débuter sous peu, chaque député devant recevoir un courrier l’alertant sur cette situation. L’Initiative, quant à elle, prépare pour cet été un grand rassemblement à l’Olympe, du 1er au 5 août 2006. Tous les montagnards qui tiennent à sauvegarder le domaine des dieux seront présents en cette occasion, aux côtés de ceux qui se battent sur place contre les bulldozers.

Les défenseurs de l’Olympe n’ont pas encore dit leur dernier mot...

Hugues Thiébault, Secrétaire de Mountain Wilderness International

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