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Que reste-t-il des anciens téléskis du col du Frêne ?

30 mai 2011

Que reste-t-il des anciens téléskis du col du Frêne ? Une poulie a été conservée à la maison du Parc naturel régional du Massif des Bauges, en souvenir de cette petite station de ski mise en route en 1963. Témoignage de l’ancien chargé de mission ayant suivi cette opération de démontage pour le parc.

Par Philippe Mestelan, SCOPELA (étude et conseil en agriculture et environnement) , ancien chargé de mission au PNR du Massif des Bauges - p.mestelan@scopela.fr

coldufrene

A l’époque quand on a décidé avec Carmen Grasmick de Mountain Wilderness de démonter les anciens téléskis du col du Frêne (massif des Bauges, Savoie), on pensait d’abord à une opération démantèlement d’installation obsolète. De vieux pylônes, câbles et baraquement jonchaient les prés et la forêt de ce site remarquable du Parc des Bauges. Il fallait reconquérir le paysage !

Mais, rapidement nous avons compris que ces vestiges représentaient plus qu’une simple pollution anachronique. Ils témoignaient d’une époque révolue et de l’histoire de l’aménagement touristique des Bauges. D’une époque où la neige était présente même à basse altitude (1000 m !) et où le ski faisait naître des espoirs de développement dans ces petites communes rurales.

Voir disparaître ces aménagements n’était pas chose tellement joyeuse pour les personnes, nombreuses dans les Bauges, qui avaient aidé à la construction de la station ou qui y avaient travaillé. Les communes de Sainte Reine et de Saint Pierre d’Albigny nous avaient les premiers faits part de ce sentiment... Il fallait tenir compte de ce passé pour se tourner vers l’avenir.

Un travail de mémoire a été alors conduit avec MW auprès des associations communales et des témoins de l’époque, qui a conduit à voir le site sous un autre jour. Les photos anciennes des skieurs dans les pentes du col du Frêne ont définitivement rappelé aux acteurs du projet qu’on ne retrouvera jamais le paysage d’antan !
Laurence Chabanis, ex-chargée des programmes européens développement touristique au Parc, a alors pensé la réhabilitation du site comme une façon de développer un tourisme « doux » autour d’une « nature préservée » dans la vallée des Bauges, en lien avec les stations de skis environnantes. Philippe Niel, chargé des stations de ski au Parc à l’époque, et la « SEM Aillons-Margériaz » ont d’ailleurs apporté leur assistance technique sur cette opération. L’organisation du démontage et de l’héliportage de tonnes de matériels des remontés mécaniques étant bien plus dans leur corde que celle de gestionnaire de la biodiversité...Une réunion publique à l’issu du démontage a connu un vrai succès auprès de tous les acteurs de cette histoire, qui ont pu partager le trajet parcouru.

Une poulie du téléski principal a été offerte à André Guerraz, Président du Parc, et reste visible à la maison du Parc au Châtelard. Témoignage d’un pays vivant, respectueux de son passé et actif pour son avenir.
Les téléskis eux ne sont plus visibles et le paysage n’est plus modelé que par le pastoralisme et la sylviculture. Les promeneurs (été, hiver) peuvent rejoindre les remontées mécaniques des Aillons au Mont Morbié d’où l’on jouit d’un panorama exceptionnel sur les Alpes. Si toutes les actions de préservation de la nature pouvaient se dérouler comme cela (les hélico en moins) !

Historique
1963 : construction du téléski de Saint-Pierre d’Albigny
1968 : construction du téléski de Saint-Reine
1973 : fin de l’exploitation des ces téléskis devenus obsolètes
2001 : inventaire réalisé par l’Association Mountain Wilderness pour le Ministère de l’Écologie et du Développement Durable ; 250 aménagements répertoriés au niveau national ; l’association s’engage dans le projet intitulé « Installations obsolètes : nettoyons nos paysages montagnards »
décembre 2005 : téléski de Sainte-Reine et téléski de Saint-Pierre d’Albigny démantelés

A visiter sur le web : www.paysagesreconquis-monblog.com

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