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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Opération barbelés en Vésubie

7 sept. 2017

Le week-end des 26 & 27 août, une cinquantaine de volontaires enthousiastes de Mountain Wilderness et de l’association Point d’eau, se sont livrés à un bien curieux chantier dans le Parc national du Mercantour, dans le secteur de la Vésubie. Encadrés par les agents du parc et équipés de gants, de coupe-boulons et de masses, ils n’ont rien construit mais ont au contraire démonté… L’objet de l’opération ? Désinstaller les lignes de barbelés mises en place par l’armée italienne durant la Seconde guerre mondiale. Cette 19e opération organisée dans le Mercantour par Mountain Wilderness, dans le cadre de sa campagne Installations obsolètes, a permis de démonter pas moins de 4 tonnes de déchets en deux jours.

BARBELÉS = DANGER

Dans plusieurs secteurs du Parc national du Mercantour subsistent des restes de la guerre : barbelés, « queues de cochon », bunkers, fortins, qui forment une véritable ligne de fortification alpine. Bien que la plupart des barbelés soient à terre, voire recouverts par la végétation, ils présentent un danger réel, tant pour la faune locale que pour les pratiquants d’activités de montagne. C’est dans ce contexte que l’association Mountain Wilderness organise depuis plusieurs années, en coopération avec le Parc national du Mercantour, des chantiers de désinstallation de ces aménagements militaires obsolètes. L’ensemble des chantiers réalisés depuis 15 ans dans le parc a rendu possible la suppression de 180 tonnes de déchets.

UN CHANTIER EN CŒUR DE PARC

Les participants, venus de tous horizons pour prendre part à ce chantier, ont été accueillis sur le site dès le vendredi soir, par une présentation du week-end, de ses objectifs et des consignes de sécurité. Le lendemain matin, à 7 heures tapantes, chacun chargeait une partie du pique-nique commun ainsi que des outils (coupe-boulons, masses et disqueuses). Tout le monde mit le cap sur le col Mercière, situé au-dessus d’Isola 2000, en limite de la zone cœur du Parc, avant de former deux groupes pour intervenir sur des sites géographiques différents.
Ce ne sont pas moins de deux lignes de barbelés d’un kilomètre qu’il fallut enlever de la combe de la Lauze et des pentes de Mercière ! Dès la première heure, des pans entiers de barbelés arrachés à la montagne furent patiemment enroulés et stockés dans des cocons érigés sur place. Rapidement les premiers coups de masses et de barre-à-mine se firent entendre entraînant la chute des queues de cochon soutenant les barbelés.

GAIETÉ, MIXITÉ, DIVERSITÉ !

Le groupe de volontaires rassembla des publics aussi différents que motivés par leurs missions. Ainsi, migrants, personnes en situation de précarité de l’association Point d’eau et bénévoles de Mountain Wilderness, se sont côtoyés dans la bonne humeur. Le travail en collectif offrit à chacun-e, le plaisir d’échanger autour de cette fameuse montagne qui fait battre le cœur et les tripes. Les démonteurs progressant patiemment le long de la ligne de barbelés l’effacèrent peu à peu du paysage. Bien que les nuages menaçants aient amené les participants à finir plus rapidement leur travail, cette première journée fut positive : près de 70% des deux lignes de barbelés ont été enlevées de la combe !

DEUXIÈME JOURNÉE, FIN DU NETTOYAGE

Dimanche, tout le monde trouva facilement sa place pour reprendre le travail et bien que la journée soit plus chaude que celle de samedi, tout le monde s’activa ardemment. Vers midi, les lignes de barbelés étaient coupées, enroulées, rassemblées, prêtes à être dégagées du site naturel. Après un pique-nique bio (copieusement fournit par Satoriz), il ne resta plus qu’à transporter les déchets jusqu’aux cocons. Ils furent ensuite fermés à l’aide de cordes, prêts à être héliportés dans les jours qui suivront. 15h : le chantier est terminé !
Pour fêter cela, les participants dégustèrent une dernière part de pastèque en contemplant le magnifique spectacle du vallon de la Lauze et des pentes de Mercière, débarrassés de leurs barbelés. Puis, chacun-e est reparti, avec peut-être en tête, ses prochaines sorties afin de parcourir ce secteur rendu à son état sauvage.

DÉCOUVREZ LES PHOTOS DU CHANTIER

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