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Cynorrhodon
© Gonzalo Ossa

Pour le démontage de l’ancien refuge du Goûter !

25 juin 2015

Le 6 septembre dernier, Ségolène Royal, ministre en charge de l’environnement, inaugurait officiellement le nouveau refuge du Goûter, sur la voie normale du mont Blanc. Un vaisseau de bois et de métal perché au dessus du vide, « unique au monde par sa technologie, sa gestion des ressources et des énergies renouvelables, premier d’une nouvelle génération de bâtiments d’altitude à faible impact environnemental. »

Le nouveau refuge du Goûter se veut exemplaire

L’autorisation de construire ce nouveau refuge a été donnée de manière très exceptionnelle. En effet, citons les services de l’État qui ont instruit ce dossier [1] : « Les enjeux principaux sont d’éviter la multiplication de nouvelles constructions, d’annexes et d’extensions, tout en rendant possible la réhabilitation des refuges dégradés et la requalification de leur abords. Ainsi la rénovation des anciens refuges est habituellement préférée à la démolition-reconstruction. La construction d’un nouveau refuge [au Goûter] a donc été autorisée par le ministère de l’écologie à titre tout à fait exceptionnel sous les conditions expresses suivantes : démontage du bâtiment principal de l’ancien refuge et remise en état des lieux du chantier ».

L’accent était clairement mis sur le respect de ce site exceptionnel, sur « la nécessité d’une réalisation exemplaire qui sont en accord avec l’esprit des lieux ».
De la même manière, l’État soulignait « l’impératif de maîtriser la fréquentation » : « dans un tel contexte, le maintien du bâtiment principal de l’ancien refuge du Goûter serait contre-productif et n’aurait comme conséquence que de créer un appel d’air en contribuant à l’augmentation de la fréquentation de ce site sensible . »

Mountain Wilderness partage l’analyse de l’État

Aux côtés de Mountain Wilderness, les associations de protection de l’environnement souhaitent voir aboutir cette démolition. En effet, c’est en tenant compte de ces garanties sur la déconstruction de l’ancien refuge que la commission des unités touristiques nouvelles du département de la Haute-Savoie a suivi l’avis de l’État et voté pour la construction du nouveau refuge. C’est en tenant compte de ce contexte que la commission des sites et paysages a voté à une très large majorité pour la démolition de l’ancien refuge.

La capacité du nouveau refuge a été pensée dans le respect de la fragilité du milieu, voilà pourquoi il convient de respecter une certaine limite de fréquentation en supprimant l’ancien refuge.

Le gouvernement ferait-il marche arrière ?

A l’occasion de la cérémonie de lancement de l’opération de démontage de la soufflerie militaire abandonnée au col du Mont Lachat, le préfet de Haute-Savoie a déclaré que la ministre de l’écologie considérait que « l’ancien refuge du Goûter pourrait ne pas être détruit si le chantier du col du Mont Lachat est mené à son terme. » (A ce sujet, lire notre article "Démontage programmé au Mont-Lachat").

Mountain Wilderness est totalement opposé à ce revirement.
Pour toutes les raisons, partagées par les services de l’État, qui ont conduit à ce que la construction du nouveau refuge s’accompagne de la démolition de l’ancien, nous demandons à la ministre de l’écologie de ne pas revenir sur l’accord qui a été conclu entre toutes les parties sur la nécessité de démonter l’ancien refuge du Goûter.
Cette opération exemplaire du Mont Lachat, qui vise comme l’a dit le maire de Saint-Gervais, à rendre au massif du Mont-Blanc un peu de son lustre, première étape d’une série de réhabilitations qui rendrait le massif éligible au Patrimoine mondial de l’Unesco, ne doit pas s’accompagner d’un retour en arrière sur d’autres engagements de renaturation actés en compensation d’un nouvel aménagement au cœur du site classé !

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Nouveau refuge du Goûter et Aiguille de Bionnassay
© Mikhail Kirsanov - Camp to Camp

[1Rapport à en-tête du préfet de la Région Rhône-Alpes à destination de la commission des sites de Haute-Savoie, en date du 5 septembre 2013. L’architecte des Bâtiments de France, dans son rapport, écrivait lui aussi « Je rappelle que cette démolition du bâtiment de l’ancien refuge actuel était l’une des conditions à l’avis favorable de l’ABF pour le permis de construire du nouveau refuge. Il est nécessaire qu’elle aboutisse dans un délai le plus court possible ».

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