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© Gonzalo Ossa

Projet « Ski-Line » à Tignes : Dubaï en Tarentaise !

23 nov. 2016

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« La station de Tignes a largement construit son image autour de la possibilité de skier 365 jours par an grâce à son glacier – image de sportivité qu’elle a ensuite déclinée autour des stages de préparation physique en altitude destinés aux équipes internationales de sports collectifs. Le dernier projet en date d’une académie du ski promue par des Anglais, et qui a fait l’objet d’une autorisation UTN en avril 2016, va dans ce sens.
Or la fonte du glacier, comme de tous ceux des Alpes, remet en cause ce positionnement distinctif et les nombreux investissements en installations sportives que la station a réalisés ces dernières années. »

C’est dans ce contexte, rapporté ici avec les mots d’Atout France [1], que la commune de Tignes a lancé le projet d’une piste de ski couverte ouverte à l’année : la « Ski-Line ». Couplé à la création d’un Club Med à Val Claret, ce projet « d’Unité touristique nouvelle » (UTN) sera présenté ce vendredi 25 novembre 2016, aux membres de la Commission des UTN du Massif des Alpes, dont MW fait partie, afin qu’ils éclairent l’État —en la personne du préfet coordonnateur de Massif― quant à l’opportunité d’autoriser une telle opération d’urbanisme.

Quand la montagne se passe de la montagne

Ce projet est le stade ultime de l’absurdité, de l’anti-montagne absolu : énergivore, consommateur d’eau, il est à l’opposé d’un développement durable et participe à la mort de la montagne par le réchauffement climatique et l’artificialisation de la nature. Il met la montagne en boite, hors sol, encore plus qu’elle n’était : il bafoue les valeurs de la montagne, les grands espaces, le libre accès, les rythme naturels. Il montre que la montagne peut se passer de la montagne.
Le « benchmarking » de ce projet — la comparaison avec ce qui se fait ailleurs dans le genre―, est d’ailleurs révélateur : des ski-dômes, il y en a à Madrid, La Haye, Manchester... et à Dubaï, le plus connu car le plus absurde. Tignes pense le détrôner en poussant le bouchon plus loin encore : faire une montagne artificielle... à la montagne !
Cerise sur le gâteau (il faut bien se démarquer de la concurrence), le ski-dôme intégrera également un produit « surf indoor ». Eh oui, comme dans le centre Aquamotion de Courchevel (au temps pour l’originalité), vous pourrez à terme surfer sur une vague artificielle éternelle... Tout cela pour la modique somme de 63 millions d’Euro. Hors taxes.

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Ne nous leurrons pas, si ce projet était accepté, il poussera les concurrents à faire plus grand, plus fort, forcement. Tous n’en auront pas les moyens, mais certains le pourront. Cette piste est longue de 400m, la prochaine en fera 500.
Pour toutes ces raisons, Mountain Wilderness est résolument opposé à ce projet de « Ski-Line », l’artificialisation ultime de la montagne.
Dubaï singeait les Alpes ; la Tarentaise se met à copier Dubaï !

[1Agence de développement touristique de la France

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